Psalm 44–49
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Prière d’Israël opprimé
Au chef de chœur. Des descendants de Koré, cantique.
O Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, nos pères nous ont raconté tout ce que tu as accompli à leur époque, par le passé. De ta main tu as chassé des nations pour qu’ils puissent s’établir, tu as frappé des peuples pour qu’ils puissent s’étendre.
En effet, ce n’est pas par leur épée qu’ils se sont emparés du pays, ce n’est pas leur bras qui les a sauvés, mais c’est ta main droite, c’est ton bras, c’est la lumière de ton visage, parce que tu les aimais.
O Dieu, tu es mon roi: ordonne la délivrance de Jacob!
Grâce à toi nous renversons nos ennemis, grâce à ton nom nous écrasons nos adversaires, car ce n’est pas en mon arc que je me confie, ce n’est pas mon épée qui me sauvera, mais c’est toi qui nous délivres de nos ennemis et qui fais rougir de honte ceux qui nous détestent.
Nous chantons la louange de Dieu chaque jour, et nous célébrerons éternellement ton nom.
Cependant tu nous as repoussés, tu nous as couverts de honte, tu ne sors plus avec nos armées. Tu nous fais reculer devant l’ennemi, et ceux qui nous détestent se partagent nos dépouilles. Tu nous livres comme des brebis de boucherie, tu nous disperses parmi les nations. Tu vends ton peuple pour rien, tu ne l’estimes pas à une grande valeur. Tu nous exposes aux insultes de nos voisins, à la moquerie et aux railleries de ceux qui nous entourent. Tu fais de nous le sujet d’un proverbe parmi les nations, on hoche la tête sur nous parmi les peuples.
Mon humiliation est toujours devant moi, et la honte couvre mon visage à la voix de celui qui m’insulte et me déshonore, à la vue de l’ennemi avide de vengeance.
Tout cela nous arrive alors que nous ne t’avons pas oublié et que nous n’avons pas violé ton alliance. Nous n’avons pas fait marche arrière dans notre cœur, nous ne nous sommes pas écartés de ton sentier. Pourtant, tu nous as écrasés dans le territoire des chacals et tu nous as couverts de l’ombre de la mort.
Si nous avions oublié le nom de notre Dieu et tendu nos mains vers un dieu étranger, Dieu ne le saurait-il pas, lui qui connaît les secrets du cœur? Mais c’est à cause de toi qu’on nous met à mort à longueur de journée, qu’on nous considère comme des brebis destinées à la boucherie.
Lève-toi! Pourquoi dors-tu, Seigneur? Réveille-toi, ne nous repousse pas pour toujours! Pourquoi te caches-tu? Pourquoi oublies-tu notre misère et notre oppression quand nous sommes affalés dans la poussière, quand nous rampons par terre? Lève-toi pour nous secourir, délivre-nous à cause de ta bonté!
Les noces du roi
Au chef de chœur, sur la mélodie «Les lis». Des descendants de Koré. Cantique, chant d’amour.
De belles paroles bouillonnent dans mon cœur. Je dis: «Mon œuvre est pour le roi. Que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain!»
Tu es le plus beau des hommes, la grâce coule de tes lèvres; c’est pourquoi Dieu t’a béni pour toujours. Vaillant guerrier, mets ton épée au côté, signe de ta grandeur et de ta majesté, oui, de ta majesté! Sois vainqueur, monte sur ton char, défends la vérité, la douceur et la justice, et que ta main droite se signale par de merveilleux exploits! Tes flèches sont aiguës, des peuples tomberont sous toi; elles frapperont au cœur les ennemis du roi.
Ton trône, ô Dieu, est éternel. Le sceptre de ton règne est un sceptre de justice. Tu aimes la justice et tu détestes la méchanceté; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a désigné par onction comme roi, de préférence à tes compagnons, avec une huile de joie.
La myrrhe, l’aloès et la cannelle parfument tous tes vêtements; dans les palais d’ivoire les instruments à cordes te réjouissent. Des filles de roi figurent parmi tes bien-aimées; la reine est à ta droite, parée d’un or venu d’Ophir.
Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille, oublie ton peuple et la maison de ton père. Le roi porte ses désirs sur ta beauté. Puisqu’il est ton seigneur, prosterne-toi devant lui! Avec des offrandes, les habitants de Tyr et les plus riches du peuple rechercheront ta faveur.
La fille du roi est toute resplendissante à l’intérieur du palais, elle porte un vêtement tissé d’or. Elle est présentée au roi, revêtue de ses habits brodés; à sa suite, des jeunes filles, ses compagnes, sont amenées auprès de toi. On les introduit au milieu des réjouissances et de l’allégresse, elles entrent dans le palais du roi.
Tes enfants prendront la place de tes pères, tu les établiras princes dans tout le pays. Je rappellerai ton nom de génération en génération; c’est pourquoi les peuples te loueront pour toujours et à perpétuité.
Dieu, le souverain refuge
Au chef de chœur. Des descendants de Koré, pour sopranos, chant.
Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours toujours présent dans la détresse. C’est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre est bouleversée, quand les montagnes sont ébranlées au cœur des mers et que les flots de la mer mugissent, écument, se soulèvent jusqu’à faire trembler les montagnes.
Les bras d’un fleuve réjouissent la ville de Dieu, le sanctuaire des demeures du Très-Haut. Dieu est au milieu d’elle: elle n’est pas ébranlée; Dieu la secourt dès le point du jour. Des nations s’agitent, des royaumes sont ébranlés: il fait entendre sa voix, et la terre tombe en défaillance. L’Eternel, le maître de l’univers, est avec nous, le Dieu de Jacob est une forteresse pour nous.
Venez contempler ce que l’Eternel a fait, les actes dévastateurs qu’il a accomplis sur la terre! C’est lui qui a fait cesser les combats jusqu’aux extrémités de la terre; il a brisé l’arc et rompu la lance, il a détruit par le feu les chars de guerre. «Arrêtez, et sachez que je suis Dieu! Je domine sur les nations, je domine sur la terre.» L’Eternel, le maître de l’univers, est avec nous, le Dieu de Jacob est pour nous une forteresse.
La souveraineté de Dieu
Au chef de chœur. Psaume des descendants de Koré.
Vous, tous les peuples, battez des mains, poussez vers Dieu des cris de joie, car l’Eternel, le Très-Haut, est redoutable, il est un grand roi sur toute la terre. Il nous soumet des peuples, il met des nations sous nos pieds; il choisit pour nous un héritage qui fait la fierté de Jacob, son bien-aimé.
Dieu monte au milieu des cris de triomphe, l’Eternel s’avance au son de la trompette. Chantez en l’honneur de Dieu, chantez, chantez en l’honneur de notre roi, chantez, car Dieu est le roi de toute la terre! Chantez un cantique!
Dieu règne sur les nations, Dieu siège sur son saint trône. Les princes des peuples s’unissent au peuple du Dieu d’Abraham, car les puissants de la terre appartiennent à Dieu: il est souverainement élevé.
La beauté de Sion
Chant, psaume des descendants de Koré.
L’Eternel est grand, il est l’objet de toutes les louanges dans la ville de notre Dieu, sur sa montagne sainte. Elle est belle, la colline qui fait la joie de toute la terre, le mont Sion; du côté nord, c’est la ville du grand roi. Dieu, dans ses palais, est connu comme une forteresse.
Les rois s’étaient ligués, ensemble ils se sont avancés. Ils ont regardé, tout stupéfaits, saisis de peur ils ont pris la fuite. Un tremblement s’est emparé d’eux sur place, comme la douleur s’empare d’une femme qui accouche. Ils ont été chassés comme par le vent d’est qui brise les bateaux long-courriers.
Ce que nous avions entendu dire, nous l’avons vu dans la ville de l’Eternel, le maître de l’univers, dans la ville de notre Dieu: Dieu l’affermira pour toujours.
O Dieu, nous pensons à ta bonté au milieu de ton temple. Ton nom, ô Dieu, et ta louange retentissent jusqu’aux extrémités de la terre; ta main droite est pleine de justice. Le mont Sion se réjouit, les villes de Juda sont dans l’allégresse, à cause de tes jugements.
Parcourez Sion, parcourez son enceinte, comptez ses tours, observez son rempart, examinez ses palais, pour annoncer à la génération future: «Voilà le Dieu qui est notre Dieu pour toujours et à perpétuité; il sera notre guide jusqu’à la mort.»
Futilité des richesses
Au chef de chœur. Psaume des descendants de Koré.
Ecoutez ceci, vous, tous les peuples, prêtez l’oreille, vous, tous les habitants du monde, petits et grands, riches et pauvres! Ma bouche va faire entendre des paroles sages, et mon cœur a des pensées pleines de bon sens.
J’écoute les proverbes, j’explique mon énigme au son de la harpe. Pourquoi aurais-je peur quand vient le malheur, lorsque je suis entouré par la méchanceté de mes adversaires?
Ils ont confiance en leurs biens et se vantent de leur grande richesse, mais ils ne peuvent se racheter l’un l’autre ni donner à Dieu le prix de leur rançon. Le rachat de leur âme est cher et n’aura jamais lieu. Ils ne vivront pas toujours, ils n’éviteront pas la tombe, car ils le verront bien: les sages meurent, l’homme stupide et l’idiot disparaissent aussi, et ils laissent leurs biens à d’autres. Ils s’imaginent que leurs maisons seront éternelles, que leurs résidences dureront toujours, eux qui avaient donné leur propre nom à leurs terres. Mais l’homme qui est honoré ne dure pas: il ressemble aux bêtes qu’on extermine. Telle est leur voie, telle est leur folie, et ceux qui les suivent se plaisent à leurs discours.
Comme un troupeau, ils sont poussés dans le séjour des morts; la mort est leur berger. Le matin, les hommes droits les foulent aux pieds, leur beauté s’évanouit, le séjour des morts est leur demeure. Mais Dieu rachètera mon âme du séjour des morts, oui, il me prendra.
Ne sois pas dans la crainte parce qu’un homme s’enrichit, parce que les trésors de sa maison augmentent, car il n’emporte rien en mourant: ses trésors ne le suivront pas. Il aura beau s’estimer heureux pendant sa vie, on aura beau le louer pour le bonheur qu’il se donne, il rejoindra pourtant la génération de ses ancêtres qui ne reverront jamais la lumière. L’homme qui est honoré mais qui n’a pas d’intelligence ressemble aux bêtes qu’on extermine.
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