Job 32–37
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Intervention d’Elihu 32.1–37.24
Reproches à Job et à ses amis
Ces trois hommes cessèrent de répondre à Job parce qu’il se considérait comme juste.
Alors Elihu, fils de Barakeel, originaire de Buz et membre du clan de Ram, se mit en colère. Il se mit en colère contre Job parce qu’il se prétendait juste devant Dieu, et il se mit en colère contre ses trois amis parce qu’ils ne trouvaient rien à répondre et condamnaient ainsi Dieu. Comme ils étaient plus âgés que lui, Elihu avait attendu jusqu’à ce moment pour parler à Job. Lorsqu’il vit que les trois hommes n’avaient plus rien à dire, il se mit en colère.
Elihu, fils de Barakeel, originaire de Buz, prit la parole et dit: «Je suis jeune et vous êtes des vieillards. Voilà pourquoi j’étais intimidé et j’avais peur de vous exprimer mon opinion. Je me disais: ‘L’expérience parlera, le grand nombre d’années fera connaître la sagesse.’ Mais en réalité, dans l’homme, c’est l’Esprit, le souffle du Tout-Puissant qui donne la capacité de comprendre. Ce n’est pas le grand nombre d’années qui procure la sagesse, ce n’est pas la vieillesse qui permet de discerner ce qui est juste. Voilà pourquoi je dis: ‘Ecoute-moi! Moi aussi, je vais exprimer mon opinion.’
»J’ai attendu la fin de vos discours, j’ai prêté l’oreille à vos raisonnements jusqu’à ce que vous ayez fait le tour de la question. Je vous ai accordé toute mon attention, et je constate qu’aucun de vous ne l’a convaincu, pas un de vous n’a répondu à ses propos. Ne dites pas cependant: ‘Nous avons trouvé la sagesse: c’est Dieu qui peut le confondre, et non un homme!’
»Il ne s’est pas adressé directement à moi, aussi lui répondrai-je tout autrement que vous. Ils sont effrayés, ils ne répondent plus! Les mots leur manquent! J’ai attendu qu’ils aient fini leurs discours. Puisqu’ils s’arrêtent et ne savent que répliquer, à mon tour je vais répondre, moi aussi je vais exprimer mon opinion. En effet, je suis rempli de paroles, mon esprit me presse. A l’intérieur de moi, c’est comme du vin sous pression, comme des outres neuves prêtes à éclater. Je dois parler pour me soulager, je dois ouvrir mes lèvres pour répondre. Je ne ferai preuve d’aucun favoritisme et je ne flatterai personne. De fait, je ne sais pas flatter: mon créateur m’enlèverait bien vite.
Le salut de Dieu
»Maintenant donc, Job, écoute mes propos, prête l’oreille à toutes mes paroles! J’ai ouvert la bouche, les mots se bousculent dans mon palais. C’est un cœur droit qui inspirera mes paroles, c’est un savoir pur que mes lèvres exprimeront: l’Esprit de Dieu m’a créé, le souffle du Tout-Puissant m’anime. Si tu le peux, réponds-moi, prends tes dispositions, tiens-toi prêt! Devant Dieu je suis ton semblable, j’ai été comme toi tiré de la boue; ainsi, mes terreurs ne te tourmenteront pas et mon autorité ne pèsera pas sur toi.
»Cependant, tu as bien dit devant moi, et j’entends encore le son de tes paroles: ‘Je suis pur, je n’ai pas commis de transgression. Je suis irréprochable, je n’ai pas commis de faute. Pourtant, Dieu a trouvé des raisons de s’en prendre à moi, il me traite comme son ennemi: il met mes pieds dans des entraves, il surveille tous mes mouvements.’
»Je te répondrai que sur ce point-là, tu as tort. En effet, Dieu est plus grand que l’homme. Pourquoi donc entrer en procès avec lui parce qu’il ne rend aucun compte de ses actes?
»Dieu parle cependant, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, et on ne le remarque pas. Il parle par des rêves, par des visions nocturnes, quand un sommeil profond tombe sur les hommes, quand ils sont endormis sur leur lit. Il leur communique alors son message et confirme les avertissements qu’il leur donne. Il veut ainsi détourner l’homme de sa manière de faire. Il évite à l’homme fort de tomber dans l’orgueil, il préserve son âme de la tombe et sa vie de la menace du javelot.
»Par la douleur aussi, l’homme est corrigé, quand il est cloué au lit, quand tous ses os s’engourdissent. Alors il prend en dégoût la nourriture, même les aliments les plus désirables. Sa chair dépérit à vue d’œil, ses os qu’on ne voyait pas transparaissent. Son âme s’approche de la tombe, et sa vie des messagers de la mort. Cependant, s’il y a pour lui un ange intercesseur, ne serait-ce qu’un sur les mille qui annoncent à l’homme le chemin à suivre, Dieu lui fait grâce et dit: ‘Délivre-le afin qu’il ne descende pas dans la tombe! J’ai trouvé une rançon.’
»Son corps retrouve alors la fraîcheur de la jeunesse, il revient à l’époque de son adolescence. Il adresse sa prière à Dieu et il reçoit un accueil favorable; il entre dans la présence de Dieu avec des cris de joie et Dieu le déclare à nouveau juste. Il chante devant les hommes et dit: ‘J’ai péché, j’ai perverti ce qui était droit, et je n’ai pas été traité comme je le méritais. Dieu a racheté mon âme pour qu’elle n’aille pas dans la tombe et ma vie peut contempler la lumière!’
»Voilà tout ce que Dieu fait, deux fois, trois fois, avec un homme pour écarter son âme de la tombe et pour qu’il jouisse encore de la lumière des vivants.
»Sois attentif, Job, écoute-moi! Tais-toi, et c’est moi qui parlerai! Si tu as quelque chose à dire, réponds-moi! Parle, car je serais heureux de te donner raison. Si tu n’as rien à dire, écoute-moi! Tais-toi et je t’enseignerai la sagesse.»
La justice souveraine
Elihu reprit: «Sages, écoutez mes propos! Vous qui êtes des connaisseurs, prêtez l’oreille à ce que je vais dire! En effet, l’oreille jauge les propos tout comme le palais goûte les aliments. Choisissons pour nous ce qui est juste, sachons reconnaître entre nous ce qui est bon!
»Job dit en effet: ‘Je suis juste et Dieu me refuse justice. Alors que j’ai raison, je passe pour un menteur. Ma blessure est incurable alors que je n’ai pas commis de transgression.’
»Y a-t-il un homme tel que Job, qui boive l’insolence comme l’eau, qui marche en compagnie de ceux qui commettent l’injustice, qui fasse route avec les hommes méchants? En effet, il a dit: ‘L’homme ne gagne rien à mettre son plaisir en Dieu.’
»Ecoutez-moi donc, hommes de bon sens! Dieu n’a rien à voir avec la méchanceté, le Tout-Puissant n’a rien à voir avec l’injustice. Il paie à l’homme le salaire de ses actes, il traite chacun en fonction de sa conduite. En vérité, Dieu ne commet pas le mal, le Tout-Puissant ne fausse pas le droit.
»Qui l’a chargé de gouverner la terre? Qui a confié le monde entier à ses soins? S’il ne pensait qu’à lui-même, s’il reprenait son esprit et son souffle, toute créature expirerait d’un seul coup et l’homme retournerait à la poussière.
»Si tu as de l’intelligence, écoute ceci, prête l’oreille au son de mes paroles! Celui qui déteste le droit pourrait-il vraiment régner? Condamnerais-tu le juste, le puissant? Dit-on aux rois: ‘Vous êtes des vauriens’ et aux princes: ‘Vous êtes des crapules’? Lui, il ne favorise pas les chefs et ne privilégie pas le riche face au pauvre, parce que tous sont l’œuvre de ses mains. En un instant, ils meurent. Au milieu de la nuit, un peuple est ébranlé et disparaît, le tyran est écarté sans aucune intervention humaine.
»En effet, Dieu est attentif à la conduite de l’homme, il voit tous ses pas. Il n’y a ni ténèbres ni ombre de la mort assez obscures pour cacher ceux qui commettent l’injustice. Dieu n’a pas besoin d’observer longtemps un homme pour le faire entrer en jugement avec lui. Il brise les grands sans avoir à faire d’enquête et il les remplace par d’autres, car il connaît leur manière d’agir. En une nuit il les renverse et ils sont écrasés, il les frappe comme des criminels, en public. C’est parce qu’ils se sont détournés de lui, parce qu’ils n’ont pas prêté attention à toutes ses voies. Ils ont fait monter vers lui le cri du faible, or il entend le cri des plus humbles.
»S’il choisit la tranquillité, qui prononcera une condamnation? S’il cache son visage, qui pourra le voir? Il domine sur les nations aussi bien que sur les individus pour empêcher l’homme impie de régner et d’être un piège pour le peuple. En effet, a-t-il déjà dit à Dieu: ‘J’ai supporté les conséquences de ma faute, je cesserai de faire le mal. Montre-moi toi-même ce que je ne vois pas encore: si j’ai commis des injustices, je n’en commettrai plus’?
»Est-ce d’après toi que Dieu rendra justice, alors que tu fais preuve de mépris? C’est à toi de choisir, pas à moi. Ce que tu sais, dis-le donc! Les hommes de bon sens ainsi que les sages qui m’écoutent me diront: ‘Job parle sans rien savoir et ses paroles manquent de discernement. Que Job soit donc mis à l’épreuve jusqu’au bout, puisqu’il répond comme le feraient des hommes adonnés au mal! En effet, il ajoute la révolte à son péché; il sème le doute au milieu de nous et il multiplie ses paroles contre Dieu.’»
Appel à rechercher Dieu
Elihu reprit: «Penses-tu avoir raison? Tu te prétends juste devant Dieu, tu dis: ‘Si je ne pèche pas, quelle importance pour toi? Et moi, qu’est-ce que j’y gagne?’
»C’est moi qui vais te répondre, ainsi qu’à tes amis en même temps. Considère le ciel et regarde! Observe les nuages: ils sont bien au-dessus de toi! Si tu pèches, quel tort lui causes-tu? Et quand tes révoltes se multiplient, en quoi cela le touche-t-il? Si tu es juste, quel cadeau lui fais-tu ou que reçoit-il de ta part?
»Ta méchanceté ne peut atteindre qu’un homme comme toi, ta justice ne touchera qu’un être humain. On crie à cause de la violence de l’oppression, on appelle au secours à cause des actes des grands, mais personne ne dit: ‘Où est Dieu, celui qui m’a fait, qui inspire des chants d’allégresse pendant la nuit, qui nous instruit par les bêtes de la terre et nous enseigne la sagesse par les oiseaux du ciel?’ On a beau crier alors, Dieu ne répond pas, à cause de l’arrogance des hommes mauvais. Vraiment, il ne sert à rien de crier: Dieu n’écoute pas, le Tout-Puissant ne le remarque pas.
»Même si tu affirmes ne pas le remarquer, ta cause est devant lui: attends-le! Mais maintenant, parce que sa colère n’intervient pas encore et qu’il semble indifférent aux pires offenses, Job ouvre la bouche pour parler dans le vide,…
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