Psalm 72–83
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La gloire d’un royaume juste
De Salomon.
O Dieu, donne au roi de juger comme toi, donne ton esprit de justice au fils du roi! Qu’il juge ton peuple avec justice, et les malheureux qui t’appartiennent conformément au droit. Que les montagnes apportent la paix au peuple, et les collines aussi, par l’effet de ta justice! Il fera droit aux malheureux du peuple, il sauvera les enfants du pauvre et il écrasera l’oppresseur. On te craindra, tant que le soleil brillera, tant que la lune éclairera, de génération en génération. Il sera pareil à une pluie qui tombe sur un terrain fauché, à des ondées qui arrosent la campagne. Sous son règne, le juste fleurira, et la paix sera grande tant que la lune éclairera. Il dominera d’une mer à l’autre, et de l’Euphrate aux extrémités de la terre. Devant lui les habitants du désert plieront le genou et ses ennemis lécheront la poussière. Les rois de Tarsis et des îles amèneront des offrandes, les rois de Séba et de Saba apporteront leur tribut. Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront, car il délivrera le pauvre qui crie et le malheureux que personne n’aide. Il aura pitié du faible et du pauvre, et il sauvera la vie des pauvres; il les rachètera de l’oppression et de la violence, et leur sang aura de la valeur à ses yeux.
Que le roi vive! On lui donnera de l’or de Séba, on priera pour lui sans cesse, on le bénira tout le jour. Les blés abonderont dans le pays, au sommet des montagnes, et leurs épis s’agiteront comme les arbres du Liban; les hommes fleuriront dans les villes comme l’herbe de la terre.
Que son nom subsiste toujours, qu’il se perpétue aussi longtemps que le soleil! Par lui on se bénira mutuellement, et toutes les nations le diront heureux.
Béni soit l’Eternel Dieu, le Dieu d’Israël, qui seul fait des merveilles! Que son nom glorieux soit béni éternellement, que toute la terre soit remplie de sa gloire! Amen! Amen!
Fin des prières de David, fils d’Isaï.
Troisième livre 73–89
Perplexité face au bonheur des impies
Psaume d’Asaph.
Oui, Dieu est bon pour Israël, pour ceux qui ont le cœur pur.
Toutefois, mon pied allait trébucher, mes pas étaient sur le point de glisser, car j’étais jaloux des vantards en voyant le bien-être des méchants: rien ne les tourmente jusqu’à leur mort, et leur corps prend de l’embonpoint; ils n’ont aucune part aux souffrances humaines, ils ne sont pas frappés comme le reste des hommes. C’est pourquoi ils se parent de l’orgueil comme d’un collier, la violence les enveloppe comme un manteau. Leurs yeux ressortent dans un visage plein de graisse, les mauvaises pensées de leur cœur débordent. Ils ricanent et parlent méchamment d’opprimer, ils profèrent des discours hautains, leur bouche s’attaque au ciel et leur langue balaie la terre.
Voilà pourquoi son peuple se tourne de leur côté, il boit leurs paroles avidement comme de l’eau, et il dit: «Comment Dieu pourrait-il savoir? Y a-t-il de la connaissance chez le Très-Haut? Voici comment sont les méchants: toujours tranquilles, ils augmentent leurs richesses. C’est donc pour rien que j’ai purifié mon cœur et que j’ai lavé mes mains en signe d’innocence! Chaque jour je suis frappé, tous les matins je suis repris.»
Si je disais: «Je veux parler comme eux», alors je trahirais tes enfants. Quand j’ai réfléchi pour comprendre cela, la difficulté a été grande à mes yeux, jusqu’au moment où je suis entré dans les sanctuaires de Dieu et où j’ai prêté attention au sort final des méchants: oui, tu les places sur un terrain glissant, tu les fais tomber dans la ruine. Et voilà, en un instant ils sont détruits, ils ont disparu, anéantis par l’épouvante! Comme un rêve qui se dissipe au réveil, Seigneur, à ton réveil, tu repousses leur image.
Lorsque mon cœur était aigri et mes reins transpercés, j’étais idiot et je ne comprenais rien, j’étais devant toi comme une bête.
Cependant je suis toujours avec toi: tu m’as empoigné la main droite, tu me conduiras par ton conseil, puis tu me prendras dans la gloire. Qui d’autre ai-je au ciel? Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi.
Mon corps et mon cœur peuvent s’épuiser, Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et ma bonne part. Oui, ceux qui s’éloignent de toi vont à leur perte, tu réduis au silence tous ceux qui te sont infidèles. Pour moi, mon bonheur, c’est de m’approcher de Dieu. Je place mon refuge en toi, Seigneur, Eternel, afin de raconter tout ce que tu fais.
Supplication après la destruction du temple
Cantique d’Asaph.
Pourquoi, ô Dieu, nous rejettes-tu définitivement? Pourquoi t’irrites-tu contre le troupeau dont tu es le berger? Souviens-toi de ton peuple que tu as acquis autrefois, que tu as racheté pour en faire une tribu qui t’appartienne! Souviens-toi du mont Sion où tu faisais ta résidence! Porte tes pas vers ces endroits toujours en ruine! L’ennemi a tout dévasté dans le sanctuaire, tes adversaires ont rugi au milieu de ton temple; ils ont établi pour signes leurs signes. On les a vus pareils à ceux qui lèvent la hache dans une épaisse forêt, quand ils ont brisé toutes les sculptures à coups de masses et de marteaux. Ils ont mis le feu à ton sanctuaire, ils ont abattu, profané la demeure de ton nom.
Ils disaient dans leur cœur: «Traitons-les tous avec violence!» Ils ont brûlé dans le pays tous les lieux saints. Nous ne voyons plus nos signes, il n’y a plus de prophète, et personne parmi nous qui sache jusqu’à quand…
Jusqu’à quand, ô Dieu, l’adversaire va-t-il proférer ses insultes, et l’ennemi mépriser sans cesse ton nom? Pourquoi retires-tu ta main, ta main droite? Sors-la! Détruis l’adversaire!
Dieu est mon roi depuis les temps anciens, lui qui accomplit des délivrances sur toute la terre. Tu as fendu la mer par ta puissance, tu as brisé les têtes des monstres sur les eaux; tu as écrasé la tête du léviathan, tu l’as donné pour nourriture aux habitants du désert. Tu as fait jaillir des sources et des torrents, tu as mis à sec des fleuves qui n’arrêtaient jamais de couler. A toi appartient le jour, à toi appartient la nuit; tu as établi la lune et le soleil. Tu as fixé toutes les limites de la terre, tu as formé l’été et l’hiver.
Souviens-toi que l’ennemi insulte l’Eternel et qu’un peuple rempli de folie méprise ton nom! Ne livre pas aux bêtes la vie de ta tourterelle, n’oublie pas définitivement le sort des malheureux qui t’appartiennent, prête attention à ton alliance, car les endroits retirés du pays sont pleins de repaires de brigands! Que l’opprimé ne fasse pas demi-tour, couvert de honte, que le malheureux et le pauvre célèbrent ton nom!
Lève-toi, ô Dieu, défends ta cause, souviens-toi des insultes que le fou t’adresse chaque jour! N’oublie pas les cris de tes adversaires, le tapage sans cesse grandissant de ceux qui s’attaquent à toi!
Dieu, le juge souverain
Au chef de chœur, sur la mélodie de «Ne détruis pas». Psaume, chant d’Asaph.
Nous te louons, ô Dieu, nous te louons. Ton nom est dans nos bouches, nous proclamons tes merveilles.
Au moment que j’aurai fixé, je jugerai avec droiture. La terre tremble avec tous ceux qui l’habitent, mais moi, j’affermis ses piliers.
Je dis à ceux qui se vantent: «Ne vous vantez pas!» et aux méchants: «Ne levez pas la tête!»
Ne levez pas si haut votre tête, ne parlez pas avec tant d’arrogance, car ce n’est ni de l’est, ni de l’ouest, ni du désert que vient la grandeur. En effet, c’est Dieu qui juge: il abaisse l’un et il élève l’autre.
Il y a dans la main de l’Eternel une coupe où fermente un vin plein de liqueurs mêlées. Il en verse, et tous les méchants de la terre boivent, ils vident la coupe jusqu’à la lie.
Quant à moi, je ne cesserai d’annoncer cela, je chanterai en l’honneur du Dieu de Jacob.
J’abattrai toutes les forces des méchants, mais les forces du juste seront relevées.
Victoire de la puissance de Dieu
Au chef de chœur, avec instruments à cordes. Psaume, chant d’Asaph.
Dieu s’est fait connaître en Juda, son nom est grand en Israël. Sa tente est à Salem, et sa demeure à Sion. C’est là qu’il a brisé les flèches, le bouclier, l’épée et les armes de guerre.
Tu es plus majestueux, plus puissant que les montagnes riches en proies. Ils ont été dépouillés, ces héros pleins de courage, ils se sont endormis de leur dernier sommeil; ils n’ont pas su se défendre, tous ces vaillants hommes. A ta menace, Dieu de Jacob, cavaliers et chevaux se sont figés. Toi, tu es redoutable. Qui peut te résister quand ta colère éclate? Du haut du ciel tu as proclamé ta sentence; la terre, effrayée, s’est tenue tranquille lorsque Dieu s’est levé pour faire justice, pour sauver tous les humbles de la terre.
La fureur de l’homme te célèbre, tu t’attaches ceux qui échappent à ta colère. Faites des vœux à l’Eternel, votre Dieu, et accomplissez-les! Que tous ceux qui l’entourent apportent des dons au Dieu terrible! Il abat l’orgueil des princes, il est redoutable pour les rois de la terre.
Les hauts faits de Dieu dans le passé
Au chef de chœur, d’après Jeduthun. Psaume d’Asaph.
Ma voix s’élève vers Dieu, et je crie; ma voix s’élève vers Dieu, et il m’écoutera. Quand je suis dans la détresse, je cherche le Seigneur; la nuit, mes mains se tendent vers lui, sans se lasser; je refuse toute consolation. Je me souviens de Dieu et je gémis; je médite, et mon esprit est abattu.
Tu tiens mes paupières ouvertes; je suis troublé, incapable de parler. Je pense aux jours lointains, aux années passées. Je me souviens de mes chants pendant la nuit, je médite dans mon cœur, et mon esprit s’interroge: «Le Seigneur me rejettera-t-il pour toujours? Ne se montrera-t-il plus favorable? Sa bonté est-elle définitivement épuisée? Sa parole a-t-elle disparu pour l’éternité? Dieu a-t-il oublié de faire grâce? A-t-il, dans sa colère, retiré sa compassion?»
Je me dis: «Ce qui fait ma souffrance, c’est que la main droite du Très-Haut n’est plus la même.» Je me rappelle la manière d’agir de l’Eternel. Oui, je veux me souvenir de tes miracles passés. Je réfléchis à toute ton activité, je veux méditer tes hauts faits. O Dieu, tes voies sont saintes. Quel dieu est grand…
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