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Satan, mot hébreu qui signifie ennemi, accusateur, calomniateur, et qui est parfaitement traduit par le mot grec diable. Il est employé en parlant de David (1S 29.4), où l’original porte : « pour qu’il ne devienne pas pour nous un satan » ; en parlant de Hadad et de Rézon (1R 11.14, 23, 25), où nos versions l’ont rendu par ennemi ; de saint Pierre (Mt 16.23 ; Mc 8.33). Son sens le plus ordinaire est cependant celui de diable, de démon, de chef des démons (Job 1.6-7 ; 2.1 ; 7 ; Ps 109.6 ; Za 3.1-2 ; 1R 22.21 ; Jude 1.9 ; Mt 12.26 ; Mc 3.23 ; Ap 2.9, 13 ; 12.9 ; 20.2, etc.). On peut voir aux articles (voir Anges et Diable), ce qu’il y a à dire en général sur ce sujet ; il n’y a que peu de choses à ajouter sur ce mot spécial.
Satan (Mt 12.26) est représenté comme un roi qui a sous ses ordres une armée dont la discipline fait la force (Mc 3.23 ; Lc 11.18). Jésus accusé par les pharisiens (qui du reste ne croyaient pas un mot de ce qu’ils disaient) de chasser les démons par Béelzébul, prince des démons, fait ressortir l’absurdité de cette accusation, en montrant que, de la part de Satan, ce serait se faire la guerre à lui-même.
Saint Paul (Ac 26.18) montre qu’il n’y a pas de milieu entre Dieu et Satan ; on est de l’un ou de l’autre, sous l’influence de l’un ou sous celle de l’autre, vérité qui ressort de toutes les déclarations de l’Évangile, et qui reste telle devant Dieu, quoique à nos faibles yeux il puise paraître qu’il y a toutes sortes de gens, et des degrés infiniment divers dans la piété et dans l’impiété (2Co 6.14 et suivants ; 1Jn 3.10 ; Jn 8.44, etc.).
Jésus (Lc 10.18) contemple Satan tombant du ciel comme un éclair ; il le dit aux soixante-dix disciples qui, après leur mission, viennent lui rendre compte de leurs travaux et de leurs succès. Les démons mêmes leur sont assujettis, et le Sauveur, rappelant en son cœur les visions qu’il a eues, répond à la joie de ses envoyés par cette déclaration, que le chef même des démons a été vaincu ; il l’a vu tomber, comme ailleurs il est dit d’Abraham qu’il a vu la journée de Christ ; c’est la vue de la foi (Jn 8.56). Jésus, en prononçant ces paroles, a sans doute eu présentes à l’esprit celles d’Ésaïe (Es 14.12), où le roi de Babylone, symbole de l’ennemi de Dieu, est comparé à l’étoile du matin qui tombe des cieux.
Satan (Lc 13.16) est considéré comme l’auteur, sinon de toutes les maladies, du moins d’un certain nombre des affections qui affligent l’humanité. Avec ce passage on n’a pas de peine à comprendre ce qui est dit d’Hyménée, d’Alexandre, et de l’incestueux de Corinthe, livrés à Satan pour leur salut (1Tm 1.20 ; 1Co 5.5). Si quelques auteurs, et spécialement ceux de l’Église romaine, pensent qu’il ne s’agit ici que de l’excommunication, il est évident cependant que saint Paul a en vue quelque chose de plus grave qu’une pénitence ecclésiastique ; il s’agit d’un châtiment réel qui devait détruire la chair, et tout en reconnaissant que ces pécheurs étaient excommuniés, nous sommes contraints d’admettre que la sentence de l’apôtre entraînait avec elle une peine corporelle, une maladie grave, fruit du péché et infligée par Satan.
La synagogue de Satan (Ap 2.9) se rapporte dans ce passage aux Juifs incrédules, qui n’avaient de juif que le nom et les traditions, mais qui, en repoussant Jésus, prouvaient qu’ils repoussaient l’esprit de Moïse et de tout l’Ancien Testament. La même expression est employée (Ap 3.9), où il est question de l’Église chrétienne, et elle désigne les chrétiens de nom qu mentent en s’appelant chrétiens, parce qu’ils n’ont pas gardé la parole de Dieu ; c’est dire que ce nom désigne l’Église de Rome, déjà désignée (Ap 2.13) comme le siège et l’habitation de Satan ; les mystères de cette église, ses ruses pour séduire et corrompre les consciences, sont désignées (Ap 2.24) sous le nom de profondeurs de Satan.
Satan (Ap 20.1 et suivants) est lié pour mille ans, puis délié pour un peu de temps après le millénium ; après cela, vaincu par l’armée céleste, il sera de nouveau saisi et jeté avec les siens dans l’étang ardent de feu et de soufre, où ils seront tourmentés jour et nuit aux siècles des siècles.
Satan (Lc 22.31) est représenté, de même que dans le prologue de Job, comme cherchant à séduire les élus de Dieu ; la prière, l’intercession de Jésus est le seul moyen de sortir victorieux de cette lutte. Tous les apôtres étaient menacés par les manœuvres de Satan ; saint Pierre était par son caractère le plus exposé à succomber, Jésus prie pour lui ; Judas était dans ces dispositions intérieures pour lesquelles il n’y a plus de prières (1Jn 5.16) ; il restait sans défense entre les mains de celui à qui il s’était livré.
La foi aux démons est aussi ancienne que la foi en Dieu, et ceux qui ont conçu l’idée du bien n’ont pu le faire qu’en admettant la notion contraire, l’idée du mal. Chez les Hébreux l’idée de Dieu prédominait cependant, et c’est l’idée capitale ; Dieu était admis comme thèse, la notion contraire appartenait plutôt à la controverse ; la loi de Moïse établissait le bien plutôt qu’elle ne combattait le mal. Mais conclure de là que l’existence des démons était inconnue aux Hébreux, c’est aller un peu loin (voir Diable) ; le bouc Hazazel serait déjà une antique protestation contre cette hypothèse, et depuis la Genèse, depuis Job, jusqu’à Zacharie, nous trouvons des traces même assez positives de l’universalité de cette croyance. Les paroles de notre Sauveur prouvent surabondamment que les Juifs de son temps croyaient à la personnalité des mauvais esprits, et l’on aurait d’autant plus mauvaise grâce à dire qu’il s’accommodait aux superstitions et aux préjugés populaires, que dans la plupart des cas il aurait pu tout au moins s’abstenir, que ses déclarations n’étaient nullement provoquées, et que celui qu était venu apporter la vérité sur la terre, ne saurait être soupçonné d’y avoir au contraire entretenu le mensonge et l’erreur.
Satan sous ses divers noms de Diable, de Malin, de Béelzébul, Belsébub, ou Belsébuth, de Bélial, ou Béliar (2Co 6.15), est représenté dans l’Écriture comme la source de tous les maux (Lc 10.19 ; 13.16 ; 22.31), comme l’ennemi du règne de Dieu (Mt 13.39 ; Lc 10.18 ; Jn 12.31 ; 14.30 ; 16.11), comme le tentateur et séducteur des croyants (1Co 7.5 ; 1Th 3.5 ; 1P 5.8), lequel avait essayé même de tenter le fils de Dieu (Mt 4.1).
La première manifestation de son influence malfaisante remonte aux jours de la création, au jardin d’Éden (Hé 2.14 ; 2Co 11.3 ; Ap 12.9), et par le péché il est devenu le père de la mort (1Co 15.26 ; Hé 2.14). Il avait été créé droit, de même que les démons qui le servent, mais par leur propre faute, par leur orgueilleuse rébellion, ils sont tombés, ils ont été chassés du ciel (Jn 8.44 ; 2P 2.4 ; Jude 1.6), et maintenant ils règnent sur les ténèbres, ils sont dans l’air, ils pèsent sur l’humanité déchue (Ep 2.2 ; 6.12 ; Col 1.13 ; Jn 13.2 et suivants ; 2Co 4.4), et finiront par éprouver un terrible jugement, car Christ est apparu pour renverser et détruire l’empire de Satan (1Jn 3.8 ; Ap 20).
— Il est probable que Milton, dont le génie ne regardait pas de très près à l’exactitude historique (son sujet, d’ailleurs, ne le comportait pas), a puisé (Ap 12.4 et suivants) l’idée de Satan entraînant avec lui dans sa révolte la troisième partie du ciel. Peut-être aussi n’y a-t-il eu que simple réminiscence, car cette idée était naturelle et simple ; Satan ne pouvait être ni égal, ni trop inférieur à Dieu. Égal, c’eût été le placer trop haut ; trop inférieur, c’eût été rendre la lutte illusoire et nuire à l’intérêt de l’action.
Le nom grec de l’ennemi du genre humain, diabolov de diaballw qu’on traduit ordinairement par adversaire, ne serait-il pas mieux rendu par le vieux mot français traversier, celui qui traverse ? Il y aurait, pour cette traduction, l’analogie du serpent traversant de nos versions.
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About Dictionnaire de la Bible ou concordance raisonnée des Saintes ÉcrituresLa plupart des travaux de M. BOST de 1849 sont encore utiles aujourd’hui pour étudier la Bible. Les Éditions Clé ne sont pas nécessairement d’accord avec toutes les interprétations et toute la théologie de Bost. Cependant, nous sommes convaincus de la valeur générale de l’ouvrage de Bost et nous prions pour qu’il aide l’étudiant sérieux à mieux comprendre et à mieux appliquer les choses profondes de Dieu que nous révèle la Bible. Certaines observations (comparaison avec le franc, statistiques…) ne sont plus d’actualité. Elles permettent de se faire une idée de la compréhension des écritures à cette époque de la rédaction du dictionnaire. Nous avons retiré quelques remarques qui n’étaient pas choquantes dans le contexte de l’époque mais qui pourraient l’être aujourd’hui. Nous avons modernisé parfois le vocabulaire et les conjugaisons des verbes, fusionné les suppléments et aussi amélioré la présentation du texte et des références bibliques. |
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