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Pierres. Elles abondaient en Palestine, et les Israélites les employaient suivant leur grosseur, aux différents usages auxquels ellespouvaient servir ; on en faisait des murailles, des bâtiments de luxe, des autels, des meules à moudre le grain, des couteaux pour la circoncision, des portes pour fermer l’ouverture des tombeaux, des puits, ou des cavernes ; elles servaient aussi, comme chez nous, pour marquer des limites (lapides terminales), et la loi de Moïse défendait sévèrement de changer la place de ces frontières artificielles (Dt 19.14 ; 27.17 ; Pr 22.28 ; Os 5.10 ; Job 24.2 ; Ex 4.25 ; Jos 5.2 ; 10.18, 27 ; 1S 17.40 ; Gn 29.2 ; 1R 5.17 ; 6.7 ; 15.22 ; 2R 12.12 ; 22.6 ; 1Ma 13.27 ; Mt 27.60).
C’était aussi un usage particulier des anciens, d’élever des pierres monumentales, destinées à conserver le souvenir d’événements importants, sur la place même qui en avait été le témoin (Gn 28.18 ; 35.14 ; Dt 27.2 ; Jos 4.3, 20 ; 24.26 ; 1S 7.12 ; Hérodote, Histoire 4, 92) ; ce n’étaient le plus souvent que des pierres brutes, ordinairement placées à l’ombre d’un chêne ou d’un térébinthe, et rarement chargées d’une inscription (Dt 27.2). Elles portaient différents noms qui leur étaient donnés, soit au moment de leur érection, soit plus tard (Jos 15.6 ; 1S 7.12 ; 20.19 ; 1R 1.9). Lorsqu’elles étaient consacrées à la divinité, on les oignait d’huile (Gn 28.18 ; 35.14) ; l’antiquité païenne présente des exemples analogues (Théophraste, Caractères 17 (ou 25)). On appelait béthulies (de Beth-El, maison de Dieu, Gn 28.19), une espèce de pierres-fétiches que l’on croyait tombées du ciel, et qu’on regardait comme des images de la divinité (Pline, Histoire naturelle 37, 51), à cette classe appartenaient des pierres consacrées et conservées dans les temples syriens et phéniciens du soleil et d’Astarté, comme aussi les pierres noires que les Mahométans adorent dans la Kaaba de la Mecque. Des pierres étaient entassées aussi comme monument de honte, sur les cadavres de grands criminels (Jos 7.26 ; 8.29 ; 2S 18.17) et les Arabes ont conservé l’usage de jeter des pierres en passant, sur les tombeaux des personnes, qu’ils ont haïes ou méprisées. Certains jeux gymnastiques consistaient chez les Hébreux, comme de nos jours encore chez un grand nombre de peuples, dans le jet de pierres d’une plus ou moins grande pesanteur. Quelques-uns voient dans le caillou blanc (Ap 2.17) une allusion à l’emploi de pierres blanches dans les tribunaux païens comme vote d’acquittement ; d’autres, comme Eichhorn, pensent à l’usage d’offrir aux vainqueurs olympiques à leur entrée dans leur ville natale, une carte d’honneur sur laquelle étaient écrits les avantages que la ville garantissait à son enfant triomphateur ; d’autres font un rapprochement entre ce caillou blanc, et l’Urim et Thummim. — Quant aux pierres milliaires, voir Villes.
Pierres précieuses. Les Hébreux, comme tous les peuples de l’Asie, en faisaient un grand usage ; elles étaient l’un des ornements les plus importants et les plus recherchés de leurs rois, de leurs sacrificateurs, et des principaux de la nation (Ex 28.17 ; 2S 12.30 ; Ez 28.13 ; Jdt 10.4 ; Jdt 12.15). On les enchâssait aussi dans des bagues (Ct 5.14). Les Hébreux les tiraient principalement de l’Arabie et de l’Inde, par l’intermédiaire des Phéniciens qui avaient accaparé le commerce de terre et de mer (Ez 22.25 ; 1R 10.2) ; sous Salomon, ils les tiraient directement eux-mêmes du pays d’Ophir (1R 10.11). L’art de les tailler et d’y graver des lettres ou autres inscriptions, était fort estimé, et les Juifs ont eu de bonne heure des hommes habiles dans ce genre de travail (Ex 35.33).
On trouve dix-sept ou dix-huit espèces de pierres précieuses mentionnées dans la Bible, et un certain nombre d’entre elles réunies collectivement en plusieurs passages, notamment (Ex 28.17 ; 39.10 ; Ez 28.13 ; Ap 21.19 et suivants). Nous avons parlé de chacune en son lieu et place ; nous avons examiné la signification probable que l’on doit donner aux termes hébreux par lesquels elles sont désignées ; il ne reste qu’à les rappeler ici :
1° la sardoine ;
2° a topaze ;
3° l’émeraude ;
4° l’escarboucle ;
5° le saphir ;
6° l’onyx ;
7° l’hyacinthe (ou ligure) ;
8° l’agate ;
9° l’améthyste ;
10° la chrysolithe ;
11° le béryl ;
12° le jaspe ;
13° et 14° le rubis (voir Rubis), dont deux espèces différentes sont mentionnées (Es 54.12 ; Ez 27.16)°;
15° la chrysoprase ;
16° la chalcédoine :
17° le sardonyx ;
18° le diamant.
Douze de ces pierres figuraient, enchâssées dans de l’or, sur le pectoral du grand prêtre, douze dans les fondements de la nouvelle Jérusalem. Dans le passage d’Ézéchiel (Ez 28.13), le prophète rappelle la grandeur et la splendeur du premier roi de Tyr, une splendeur qui rappelait la gloire du paradis : « Tu as été scellé (parfait) en proportions, plein de sagesse et parfait en beauté ; tu as été (comme) en Éden, le jardin de Dieu ; ta couverture était de (toutes sortes de) pierres précieuses et d’or (…). Tu as été un chérubin » etc. Plusieurs auteurs, tels qu’Ewald, Züllig, Bellermann, ont voulu voir dans ces pierres précieuses une allusion au pectoral du grand prêtre, comme si le roi de Tyr en avait eu, ou avait prétendu en avoir la dignité ; mais outre que cette interprétation n’aurait pas de sens dans le contexte, il faut remarquer d’abord que l’ordre dans lequel ces pierres sont nommées est tout différent de celui du pectoral, qu’au lieu de douze pierres il n’y en a que neuf, et que l’or y est joint comme un ornement spécial, tandis que dans le pectoral il ne servait qu’à enchâsser les pierres précieuses ; d’ailleurs l’énumération des pierres n’aurait pas été nécessaire, et l’idée que l’on veut y voir aurait mieux ressorti d’une indication plus générale.
Il vaut donc mieux avec Hævernick et Kœster, voir dans cette énumération la continuation de l’idée qui précède, de la gloire d’Éden dont jouissait le roi de Tyr ; l’or et les pierreries appartenaient en effet aux magnificences du paradis, car si l’on voit (Gn 2.10-12) une description géographique, il faut cependant y ajouter plus que cela ; ces versets nous parlent du paradis comme d’une terre modèle qui renfermait primitivement dans son enceinte tous ces trésors qu’on ne trouve plus maintenant qu’épars dans les diverses contrées de la terre. On explique mieux ainsi la gloire du roi de Tyr, le nombre des pierreries, la présence de l’or, et l’ensemble de cette phrase qui nous peint l’orgueil suivi de l’écrasement. — On sait quel était et quel est encore le luxe en pierreries des rois de l’Orient, et ce n’est pas une chose rare ou inouïe de voir ces monarques donnant audience, tellement, surchargés de joyaux de toutes espèces, qu’on peut à peine distinguer, les différentes parties des vêtements ainsi déguisés.
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About Dictionnaire de la Bible ou concordance raisonnée des Saintes ÉcrituresLa plupart des travaux de M. BOST de 1849 sont encore utiles aujourd’hui pour étudier la Bible. Les Éditions Clé ne sont pas nécessairement d’accord avec toutes les interprétations et toute la théologie de Bost. Cependant, nous sommes convaincus de la valeur générale de l’ouvrage de Bost et nous prions pour qu’il aide l’étudiant sérieux à mieux comprendre et à mieux appliquer les choses profondes de Dieu que nous révèle la Bible. Certaines observations (comparaison avec le franc, statistiques…) ne sont plus d’actualité. Elles permettent de se faire une idée de la compréhension des écritures à cette époque de la rédaction du dictionnaire. Nous avons retiré quelques remarques qui n’étaient pas choquantes dans le contexte de l’époque mais qui pourraient l’être aujourd’hui. Nous avons modernisé parfois le vocabulaire et les conjugaisons des verbes, fusionné les suppléments et aussi amélioré la présentation du texte et des références bibliques. |
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