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Pierre, apôtre, appelé d’abord Simon ou Siméon, et souvent de ses deux noms réunis Simon Pierre, était fils d’un certain Jonas de Bethsaïda, et s’appelait en conséquence, suivant un usage des Hébreux, Barjona, c’est-à-dire fils de Jonas (Mt 10.2 ; Mc 3.16 ; Lc 6.14 ; Jn 21.15). Domicilié à Capernaüm, il y vivait de son état de pêcheur (Mt 4.18 ; 8.14 ; Mc 1.16 ; Lc 4.38 ; 5.3). Sa vocation à l’apostolat semble racontée de trois manières différentes, mais une lecture attentive, et la comparaison des passages montre d’abord qu’il y a eu double vocation, puis, qu’entre les deux autres versions l’une est plus complète, que l’autre, mais non contradictoire ou différente. On voit d’abord (Jn 1.40 et suivants), que Pierre, disciple de Jean-Baptiste, fut instruit de bonne heure par André son frère, de la venue et de l’œuvre du Messie : Jésus pénétra le futur apôtre, et lui prédit les destinées auxquelles il était réservé ; toutefois, il ne l’appela point encore à le suivre, comme il en avait appelé d’autres. Un second récit, celui de la vocation proprement dite de Pierre, se lit (Mt 4.18 ; Mc 1.16) ; mais il est abrégé, saint Luc (Lc 5.1 et suivants) le développe et l’étend ; c’est dans sa narration qu’on a voulu trouver une troisième version d’un même fait (Winer).
Après l’entrevue de l’apôtre avec le Sauveur, le premier était retourné en Galilée ; il avait repris ses filets. Un jour, sur les bords du lac, Jésus, pressé par la foule, demande à Simon le secours de sa nacelle, et se fait conduire à quelque distance du rivage ; il parle aux troupes, il les enseigne, puis son instruction achevée, soit qu’il ait voulu rendre Simon témoin de ses œuvres, soit qu’il ait voulu l’indemniser du temps qu’il avait perdu, il l’engage à descendre ses filets dans le lac. En répondant que la pêche de la nuit n’a rien rapporté, Simon fait acte de foi et d’obéissance, car il jette en même temps ses filets ; il veut constater qu’il ne le fait que par respect pour la parole du maître dont il vient d’entendre les enseignements, et qu’on lui a déjà fait connaître comme le Messie. Les filets rompent sous le poids des poissons qu’ils ramènent, et tous les doutes du pêcheur sont dissipés ; il s’écrie à genoux : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ». Et Jésus se l’attache pour toujours, en lui annonçant que la pêche qu’il vient de faire n’est que l’emblème de ses succès futurs ; il sera pêcheur d’hommes vivants.
Son nom se trouve dès lors mêlé, avec celui de quelques autres apôtres, à l’histoire presque entière de notre Sauveur : il est un de ses compagnons, un de ses disciples les plus assidus et les plus intelligents ; il est témoin de ses miracles, et intervient fréquemment dans ses conversations avec plus ou moins de bonheur. Sa belle-mère est guérie par Jésus, qui était devenu son hôte (Mt 8.14 ; Mc 1.29 et suivants ; Lc 4.38). Le lendemain, il va comme les troupes à la recherche de Jésus qui s’était retiré pour prier ; il a le bonheur d’être le premier à le rejoindre (Mc 1.35 ; Lc 4.42). Après le premier miracle de la multiplication des pains, la nuit, il voit le Seigneur marcher sur les eaux, et veut marcher à sa rencontre, mais sa foi n’est pas à la hauteur d’une épreuve aussi forte, il doute, et les eaux s’entrouvrent sous ses pieds (Mt 14.22 ; Mc 6.45 ; Jn 6.17).
— À Bethsaïda, il fait une profession éclatante de sa foi en celui qui a les promesses de la vie éternelle (Jn 6.68) : il la réitère dans une autre circonstance aux environs de Césarée de Philippe, et reçoit en récompense de sa foi de mémorables oracles ; mais pour qu’il ne s’élève point au-dessus de ses frères, le Seigneur lui fait voir qu’il ne comprend pas encore les choses qui sont de Dieu, et le repousse en termes sévères comme un tentateur (Mt 16.13 et suivants ; Mc 8.27 ; Lc 9.18). Témoin de la transfiguration, il ne la comprend pas et confond le repos des saints avec la douceur du repos et de la paix terrestres (Mt 17.1 ; Mc 9.2 ; Lc 9.28 ; 2P 1.16).
— À Capernaüm, il consent à payer pour son maître l’impôt des didrachmes (Ex 30.13) ; Jésus, en lui faisant comprendre, que maître en toutes choses, il aurait pu s’en dispenser, répond par un miracle, et le statère se trouve dans la bouche du poisson (Mt 17.24). Judas possédait sans doute cette somme dans la bourse apostolique, mais le Fils de l’homme devait montrer à tous que l’or et l’argent lui appartiennent (Ag 2.8) et que, s’il conteste, c’est sans intérêt ; s’il cède, c’est pour accomplir toute justice et ne point scandaliser les faibles. — Dans les questions relatives au pardon des offenses (Mt 18.21) et à la récompense que les apôtres pouvaient espérer de leur fidélité (Mt 19.27 ; Mc 10.28 ; Lc 18.28), Pierre montre que ses idées sont encore confuses sur la sainteté de la vie nouvelle et sur la spiritualité du royaume de Christ.
— Il voit et remarque le miracle du figuier séché (Mt 21.20 ; Mc 11.21), il prend part aux entretiens qui suivent les oracles de Jésus sur la destruction de Jérusalem (Mc 13.3) ; il est chargé de faire avec Jean les préparatifs de la dernière pâque (Mt 26.18 ; Mc 14.13 ; Lc 22.8). Et pendant que le maître veut donner à tous une leçon d’humilité, peut-être pour répondre à leurs contestations sur la place qu’ils occuperaient dans la vie à venir (Mt 18.1 ; Mc 9.33 ; Lc 9.46 ; 22.24), Pierre, toujours vif, refuse par deux fois de se laisser laver les pieds et ne cède à une affectueuse injonction, que pour se jeter alors dans un autre extrême, Jean 13.6, etc.
— Il est moins prompt à juger et à interroger quand Jésus annonce que l’un des douze le trahira : soit que Judas ait réussi à conserver jusqu’alors la confiance de ses frères, soit que Pierre ait repoussé des soupçons qu’il craignait de voir justifiés, soit qu’il ait désiré voir le traître démasqué, soit enfin que l’incertitude leur ait été plus pénible que la réalité, et que devant un oracle aussi étrange, aussi solennel et inattendu, ils en furent tous venus à se redouter eux-mêmes, à se défier d’eux-mêmes, Pierre, voulant connaître le nom du traître, mais n’osant le demander à haute voix, fit signe à Jean, voisin du Seigneur, de l’interroger. Il ne se doutait guère que la peur lui ferait commettre un crime semblable à celui que la cupidité avait inspiré à Judas ; mais dans la même soirée, il reçut par deux fois des avertissements tout ensemble sinistres et consolants. « Là où je vais, tu ne peux maintenant me suivre, mais tu me suivras ci-après. » — « Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous cribler tous comme le blé (Am 9.9) et j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne faiblisse point ; toi donc, quand tu seras un jour converti (relevé de ta chute), fortifie tes frères » (Lc 22.31). Et comme le fidèle, mais présomptueux apôtre, protestait de sa confiance en lui-même, son triple reniement lui fut prédit (Jn 13).
Un peu plus tard, dans la même soirée, comme les apôtres se rendaient en Gethsémané, Jésus les enveloppant tous dans une même sentence prophétique, leur dit : Vous serez tous cette nuit scandalisés en moi, selon qu’il est écrit ; je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées (Za 13.7) ; et Pierre que la sentence isolée prononcée contre lui, avait sans doute humilié et affligé, satisfait de se voir de nouveau réuni à ses frères, quoique dans la faiblesse, voulut protester encore de sa fidélité, mais en vain ; il ne reçut pour réponse que la confirmation de son triple reniement (Mt 26.31 ; Mc 14.27, etc.).
— Témoin de l’agonie de son maître, il ne peut, non plus que Jacques et Jean, veiller avec lui ; malgré les recommandations de Jésus, ils s’endorment, et Luc, le médecin, nous dit que c’était de tristesse qu’ils dormaient (Lc 22.45). La faiblesse de la chair succombait aux émotions, et l’esprit n’était pas assez fort pour en triompher. Il était plus facile de se battre que de prier, et Pierre se réveilla quand les soldats vinrent pour prendre Jésus (Mt 26.51 ; Mc 14.47 ; Lc 22.49 ; Jn 18.10). D’un coup d’épée il blessa Malchus à l’oreille, ayant pris à la lettre quelques expressions dont le Sauveur s’était servi quelques instants auparavant dans un sens figuré (Lc 22.36, 38).
Mais ce n’était pas là le courage que réclamait de ses disciples celui qui donnait librement sa vie ; les soldats entraînèrent le maître ; les disciples s’enfuirent. Pierre, engagé par ses paroles à faire mieux que les autres, revint cependant en arrière ; il voulait tenir sa parole, il allait réaliser celles de son maître. Arrivé devant la porte de Caïphe, il la voit s’ouvrir devant lui sur la recommandation de Jean, mais la cour est pleine de soldats, d’huissiers, de domestiques et de curieux. Pendant le premier interrogatoire du Seigneur, la portière qui avait ouvert à Pierre, croit reconnaître en lui un des disciples de l’accusé et l’interpelle. Saisi, surpris, étonné d’être reconnu, préoccupé d’autres pensées qui lui font à la fois oublier l’oracle du Christ et désirer de couper court à une conversation qu’il n’a pas envie de poursuivre, il ment et renie son maître sans trop songer peut-être à ce qu’il fait. Une question semblable lui est adressée un moment après, et déjà il a eu le loisir d’examiner sa position ; la frayeur l’environne, et les témoins qui l’entourent de toutes parts, lui semblent autant d’ennemis ; il ment encore et dit : Je ne le connais point. Mais il est inquiet ; il voudrait sortir, il change de place, il entre au vestibule (Mc 14.68) et là, une heure environ après le second reniement, un parent de Malchus le reconnaît et lui dit : Ne t’ai-je pas vu au jardin avec lui ?
Nier n’aurait plus suffi devant une accusation aussi directe, et Pierre, accablé de frayeur, était en outre retenu par la honte d’avouer enfin son maître, en avouant qu’il l’avait renié deux fois ; il ne lui suffisait plus de reconnaître Jésus, il devait encore reconnaître sa lâcheté ; l’épreuve était trop forte pour l’homme appuyé sur ses propres forces ; il renie encore, en jurant et en prononçant des imprécations. Mais la mesure était comblée, la tentation était terminée ; le disciple pouvait savoir à quoi s’en tenir sur son courage, sa force, sa fidélité ; c’était le point du jour, le coq chanta ; un regard de Jésus tomba sur son disciple, l’accusant sans le trahir ni le compromettre, et Pierre revint à lui-même ; bouleversé de son crime, touché de l’amour de son maître, il sortit et pleura amèrement ; ces larmes étaient sans doute, quoique amères, les plus douces et les plus pures qu’il n’ait encore versées ; sa douleur était Dieu, elle ne pouvait qu’être heureuse ; pour la première fois peut-être, il avait un pressentiment de la vie nouvelle, du christianisme.
Trois jours après, averti par Marie Madeleine, il court au sépulcre avec Jean, n’arrive qu’après lui, mais entre le premier dans la grotte, examine, admire, sans comprendre encore que son maître est ressuscité, et retourne à Jérusalem (Lc 24.12 ; Jn 20.2). On conclut presque avec certitude (1Co 15.5 ; Lc 24.34) que le même jour encore, avant son entretien sur la route d’Emmaüs, le Christ ressuscité s’est montré à Pierre, et l’on conjecture qu’il lui a donné, ou réitéré spécialement, l’ordre de se rendre, avec le reste des apôtres, en Galilée, où il le verrait de nouveau : Pierre, qui s’était exclu lui-même de la société apostolique, ne pouvait savoir si le maître le reconnaîtrait encore, ou s’il le renierait à son tour ; il aurait hésité peut-être à suivre les apôtres, s’il n’avait été en quelque sorte personnellement convoqué. Du reste, aucune parole, aucun détail de cet entretien, n’est rapporté dans les Évangiles, et l’on conçoit qu’il n’ait concerné que le chef de l’Église, et son disciple relaps ; Pierre sans doute, versa de nouvelles larmes, mais il sentit qu’il était réintégré ; il allait reprendre sa place, mais la remplir plus humblement.
Il se rend à Capernaüm, où il possédait une maison (Mt 8.14 ; Mc 1.29 ; Lc 4.38) et après quelques jours d’une attente inutile, il dit à ceux des apôtres qui étaient avec lui qu’il s’en allait pêcher (Jn 21.2). Ils suivirent, mais la pêche de la nuit fut inutile. Au matin, Jésus, qu’ils ne reconnaissaient point, leur demanda du rivage s’ils avaient du poisson, et sur leur réponse négative, il leur dit de jeter leurs filets du côté droit de la celle : une pêche abondante vint miraculeusement récompenser leur obéissance et leur foi. C’étaient les mêmes questions, les mêmes réponses, les mêmes merveilles que les mêmes hommes, les même rivages, les mêmes nacelles, avaient entendues et vues quelques années auparavant ; il n’en fallait pas davantage pour parler au cœur de Jean, qui reconnut aussitôt le Sauveur, et saint Pierre se jetant à la nage vint bientôt aborder aux pieds de son maître ; ils prirent tous ensemble, un modeste et silencieux repas, pendant lequel tous reconnaissaient Jésus sans oser l’interroger.
Après le repas, Jésus s’adressant à Pierre, mais sans lui donner ce nom qui était comme le signe de son apostolat, lui dit : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ? L’apôtre n’en était plus aux jours où il ne craignait pas de s’élever au-dessus de ses frères ; il répondit humblement : oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Pais mes agneaux, dit le Seigneur. Une seconde fois, puis une troisième, mais sans insister sur la comparaison avec les autres apôtres, le Seigneur lui demande : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? chaque fois la réponse est la même, et le Seigneur en lui disant : Pais mes brebis, lui annonce le martyre, et se l’attache de nouveau, après que par sa triple confession, l’apôtre eut expié aux yeux de son maître son triple reniement. Simon le pêcheur est redevenu Pierre l’apôtre. Quelle solennité dans cette réintégration, et pourtant quelle douceur dans le châtiment, si même on peut donner ce nom aux interpellations du Sauveur. Saint Pierre pardonné reprend bientôt ses anciennes habitudes, et lorsqu’il eut appris de la bouche du Sauveur le sort qui lui était réservé, il lui demanda quel serait celui de l’apôtre Jean qui les suivait ; mais Jésus refusa de répondre à cette question d’une vaine curiosité, et il ne permit pas que Pierre oublie aussi promptement les avertissements qu’il venait de recevoir.
Nous retrouvons Pierre dans le livre des Actes ; il attend avec les apôtres l’effusion du Saint-Esprit, et il propose de remplir la place que Judas a laissé vacante ; Matthias est élu par le sort (Ac 1.23). La Pentecôte et l’effusion du Saint-Esprit viennent étonner les habitants de Jérusalem, et remplir de joie les apôtres : l’inimitié honteuse et jalouse qui poursuit tout réveil, toute œuvre de l’esprit, s’attache à ternir ce mouvement, en attribuant à l’ivresse les merveilles dont tous sont témoins, mais Pierre prend la parole, la puissance d’en haut agit en lui, Christ est glorifié, les âmes sont touchées, et 3 000 personnes se convertissant à sa prédication viennent grossir les rangs de l’Église chrétienne, qui ne comptait encore alors que les apôtres et quelques femmes. En voyant les doctrines du crucifié se propager avec tant de succès, le sanhédrin résolut de prendre des mesures répressives ; un miracle, un bienfait, lui fournit l’occasion qu’il désirait : un homme âgé, de plus de quarante ans, et boiteux dès sa naissance, avait été guéri par le ministère des apôtres. Pierre lui avait dit comme le maître, et au nom de celui-ci : Lève-toi et marche, et l’impotent avait recouvré l’usage de ses membres. Comme l’apôtre parlait à la foule pour repousser les hommages qu’on lui adressait, et pour la persuader de rendre à Jésus l’honneur, l’obéissance, et l’amour qui lui sont dus, des officiers chargés de maintenir l’ordre dans le temple, survinrent et mirent en prison Pierre et Jean. Traduits devant le sanhédrin, les apôtres, au lieu de se défendre, accusèrent ce pouvoir prétendu religieux, d’avoir mis à mort Jésus le Nazaréen, s’appuyèrent de l’autorité de celui que Dieu avait ressuscité des morts, et répondirent à la défense qui leur fut faite d’annoncer le nom de Christ : Jugez s’il est juste de vous obéir plutôt qu’à Dieu. Le miracle était évident, le témoin marchait, les apôtres furent renvoyés absous.
C’est encore Pierre dont la parole foudroie Ananias et Saphira (Ac 5.1). Son ombre guérit les malades, sa prédication touche les cœurs ; ses succès irritent derechef les sadducéens qui, dirigés par Caïphe, le livrent une seconde fois au sanhédrin ; mais une seconde fois l’apôtre répond : Il faut plutôt obéir à Dieu qu’aux hommes. Caïphe ne le fait plus trembler.
Les persécutions ayant dispersé les chrétiens, la Samarie est évangélisée : Philippe baptise, et Pierre vient avec Jean imposer les mains aux fidèles et leur communiquer les dons du Saint-Esprit (Ac 8). Il refuse de vendre au magicien Simon le pouvoir de transmettre ces dons surnaturels, et stigmatise ce premier exemple de vénalité religieuse. Après avoir évangélisé les bourgades qu’il trouve sur sa route, il revient à Jérusalem ; c’est alors qu’il fait la connaissance de Paul, à qui il donne une hospitalité de quinze jours (Ga 1.18). Il visite les églises naissantes de la Judée, de la Samarie et de la Galilée (Ac 9) ; à Lydde, il guérit un paralytique ; à Joppe, il rend Dorcas aux pauvres qui l’avaient perdue ; elle revient à la vie au milieu de ceux qui la pleuraient. L’apôtre reste quelques temps dans cette ville : une vision étrange qui se réitère à trois reprises (Ac 10) lui apprend que le mosaïsme a pris fin, que la paroi mitoyenne est tombée (Ep 2.14), que la distinction des animaux en purs et impurs n’existe plus, que le monde n’est plus divisé extérieurement en bénis et en maudits, et qu’en toute nation ceux qui craignent Dieu et qui s’adonnent à la justice, lui sont agréables. La démarche et la demande des messagers de Corneille, centenier romain, achèvent de lui expliquer ce qu’il y a de mystérieux dans la vision, et il part pour annoncer Christ aux païens. À ses amis de Jérusalem qui le blâment, il expose la vision céleste, et tous glorifient Dieu en disant : Dieu a donc donné aux gentils la repentance pour avoir la vie.
De ce moment l’historien sacré qui s’attache à nous donner la suite de l’histoire de Paul, ne nous donne celle de Pierre qu’en passant. Il paraît que l’apôtre visita diverses provinces de l’Asie Mineure, annonçant Christ aux Juifs, et aux païens. On le retrouve à Jérusalem à l’époque du martyre de Jacques, et lui-même, réservé au supplice par ordre d’Hérode, est miraculeusement rendu aux prières de ses frères qui n’osaient espérer sa délivrance (Ac 12). On croit qu’il s’éloigna alors de Jérusalem, pour un temps, mais nous l’y retrouvons lors du concile des apôtres (Ac 15.7) ; il y revoit saint Paul. Il y prend la parole, mais sans autre autorité que celle des choses mêmes qu’il dit : il plaide la cause des gentils, et rappelle les instructions qu’il a reçues du Seigneur à cet égard. Mais bientôt, infidèle à ses principes, troublé peut-être par les criailleries de chrétiens judaïsants exaltés, fatigué de cette lutte, sous l’impression de reproches qui lui avaient été adressés, craignant de scandaliser les faibles, enfin d’ailleurs au formalisme juif par sa naissance et son éducation, il en vient à dissimuler, il s’éloigna des gentils, il en entraîna quelques-uns dans sa chute, et Paul dut le censurer ouvertement (Ga 2.11) ; il est probable qu’il reconnut la justesse des reproches, que sa dissimulation lui attira, et qu’il se releva de cette faute avec la généreuse vivacité de son caractère.
On ne sait plus rien de lui dès lors ; l’histoire sainte se tait, et les Pères se taisent aussi, ou se contredisent à tel point qu’on ne peut rien établir de positif sur leur témoignage : on ne sait ni où il se rendit, ni ce qu’il fit, ni où, ni comment, ni quand il mourut.
Quelques remarques termineront cette notice, et achèveront de faire comprendre cette vie et ce caractère.
a. Les noms de Pierre et de Céphas ont la même signification ; Céphas est syriaque ou araméen, et n’entraînait aucune idée particulière ; c’était le nom dont on l’appelait quand on s’exprimait dans cette langue, et souvent on employait l’un ou l’autre indistinctement (Ga 2.9, 11 ; 1Co 1.12 ; 9.5). Jusqu’au moment de l’ascension il est presque toujours désigné sous le nom de Simon (ou Syméon) ; c’est ainsi que l’appellent Jésus et les autres apôtres (Mt 17.25 ; Mc 14.37 ; Lc 7.40 ; 22.31 ; 24.34 ; Jn 21.15) ; le même nom se retrouve (Ac 15.14), sans doute par un effet de l’habitude prise (2P 1.1) : le nom de Pierre emporte l’idée de sa vocation, c’est en quelque sorte son nom d’honneur ; il le porte (Ac 10.5, 18) et si quelquefois les deux noms de Simon Pierre sont réunis, celui de Pierre finit par prévaloir, ce qui explique pourquoi les évangélistes, en parlant de lui, l’appellent le plus souvent simplement Pierre.
b. Sa famille est peu connue. Son père, pêcheur comme lui, s’appelait Jonas ; la tradition donne à sa mère le nom de Jeanne ; l’apôtre André était son frère, probablement plus jeune que lui. Il était marié (Lc 4.38 ; 1Co 9.5) ; la tradition est unanime à cet égard, et dom Calmet, n’a pas l’air de chercher à s’en cacher. Il avait un fils nommé Marc (1P 5.13) et les Pères lui donnent en outre une fille nommée Pétronille ; ils varient sur le nom de sa femme, que les uns appellent Concorde, les autres Perpétue. Plusieurs le regardent comme le plus âgé des douze apôtres ; les détails qu’ils donnent sur sa figure et sur son apparence ont peu d’autorité.
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About Dictionnaire de la Bible ou concordance raisonnée des Saintes ÉcrituresLa plupart des travaux de M. BOST de 1849 sont encore utiles aujourd’hui pour étudier la Bible. Les Éditions Clé ne sont pas nécessairement d’accord avec toutes les interprétations et toute la théologie de Bost. Cependant, nous sommes convaincus de la valeur générale de l’ouvrage de Bost et nous prions pour qu’il aide l’étudiant sérieux à mieux comprendre et à mieux appliquer les choses profondes de Dieu que nous révèle la Bible. Certaines observations (comparaison avec le franc, statistiques…) ne sont plus d’actualité. Elles permettent de se faire une idée de la compréhension des écritures à cette époque de la rédaction du dictionnaire. Nous avons retiré quelques remarques qui n’étaient pas choquantes dans le contexte de l’époque mais qui pourraient l’être aujourd’hui. Nous avons modernisé parfois le vocabulaire et les conjugaisons des verbes, fusionné les suppléments et aussi amélioré la présentation du texte et des références bibliques. |
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