Daniel 3–4
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Dans la fournaise
Le roi Nebucadnetsar fit une statue en or, haute de 30 mètres et large de 3 mètres. Il la dressa dans la vallée de Dura, dans la province de Babylone. Le roi Nebucadnetsar fit rassembler les administrateurs, les intendants, les gouverneurs, les conseillers, les trésoriers, les jurisconsultes, les juges et tous les magistrats des provinces pour qu’ils se rendent à la dédicace de la statue qu’il avait dressée. Alors les administrateurs, les intendants, les gouverneurs, les conseillers, les trésoriers, les jurisconsultes, les juges et tous les magistrats des provinces se rassemblèrent pour la dédicace de la statue que le roi Nebucadnetsar avait dressée. Ils se tinrent debout devant la statue que Nebucadnetsar avait dressée. Un héraut cria à pleine voix: «Voici ce qu’on vous ordonne, peuples, nations, hommes de toute langue: au moment où vous entendrez le son de la trompette, de la flûte, de la guitare, de la petite et de la grande harpes, de la cornemuse et des instruments de musique de toute sorte, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue d’or que le roi Nebucadnetsar a dressée. Si quelqu’un ne se prosterne pas et ne l’adore pas, il sera jeté à l’instant même au milieu d’une fournaise ardente.»
C’est pourquoi, au moment où tous les peuples entendirent le son de la trompette, de la flûte, de la guitare, de la petite et de la grande harpes et des instruments de musique de toute sorte, tous les peuples, les nations et les hommes de toute langue se prosternèrent et adorèrent la statue en or que le roi Nebucadnetsar avait dressée.
A ce moment-là, profitant de l’occasion, quelques Babyloniens se présentèrent pour accuser les Juifs. Ils prirent la parole et dirent au roi Nebucadnetsar: «Roi, puisses-tu vivre toujours! D’après l’ordre que tu as toi-même donné, tous ceux qui entendaient le son de la trompette, de la flûte, de la guitare, de la petite et de la grande harpes, de la cornemuse et des instruments de toute sorte devaient se prosterner et adorer la statue en or. D’après le même ordre, si quelqu’un ne se prosternait pas pour adorer la statue, il devait être jeté au milieu d’une fournaise ardente. Or, il y a des Juifs à qui tu as confié l’administration de la province de Babylone: Shadrak, Méshak et Abed-Nego. Ces hommes ne tiennent aucun compte de ton ordre, roi. Ils ne servent pas tes dieux et n’adorent pas la statue en or que tu as dressée.»
Alors Nebucadnetsar, irrité et furieux, donna l’ordre de faire venir Shadrak, Méshak et Abed-Nego. Ces hommes furent donc amenés devant le roi. Nebucadnetsar prit la parole et leur dit: «Est-il vrai, Shadrak, Méshak et Abed-Nego, que vous ne servez pas mes dieux et que vous n’adorez pas la statue en or que j’ai dressée? Maintenant, tenez-vous prêts et, au moment où vous entendrez le son de la trompette, de la flûte, de la guitare, de la petite et de la grande harpes, de la cornemuse et des instruments de toute sorte, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue que j’ai faite. Si vous ne l’adorez pas, vous serez immédiatement jetés au milieu d’une fournaise ardente. Quel est le dieu qui pourra alors vous délivrer de mon pouvoir?»
Shadrak, Méshak et Abed-Nego répliquèrent au roi Nebucadnetsar: «Nous n’avons pas besoin de te répondre là-dessus. Notre Dieu, celui que nous servons, peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ton pouvoir, roi. Et même s’il ne le faisait pas, sache, roi, que nous ne servirons pas tes dieux et que nous n’adorerons pas la statue en or que tu as dressée.»
Nebucadnetsar fut alors rempli de colère. Il changea de visage vis-à-vis de Shadrak, Méshak et Abed-Nego. Reprenant la parole, il ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus que d’habitude. Puis il ordonna à quelques soldats particulièrement forts de son armée d’attacher Shadrak, Méshak et Abed-Nego et de les jeter dans la fournaise ardente. Ces hommes furent alors attachés, habillés de leurs caleçons, de leurs tuniques, de leurs manteaux et de leurs autres vêtements, et ils furent jetés au milieu de la fournaise ardente. Comme l’ordre du roi était catégorique et que la fournaise était extraordinairement chauffée, la flamme tua les hommes qui y avaient jeté Shadrak, Méshak et Abed-Nego. Quant aux trois hommes en question, Shadrak, Méshak et Abed-Nego, ils tombèrent ligotés au milieu de la fournaise ardente.
Le roi Nebucadnetsar fut alors effrayé et se leva subitement. Il prit la parole et dit à ses conseillers: «N’avons-nous pas jeté trois hommes ligotés au milieu du feu?» Ils répondirent au roi: «Certainement, roi!» Il reprit: «Eh bien, j’aperçois quatre hommes dépourvus de liens qui marchent au milieu du feu, porteurs d’aucune blessure, et le quatrième ressemble à un fils des dieux.» Nebucadnetsar s’approcha ensuite de l’entrée de la fournaise ardente et dit: «Shadrak, Méshak et Abed-Nego, serviteurs du Dieu très-haut, sortez et venez!» Shadrak, Méshak et Abed-Nego sortirent alors du milieu du feu.
Les administrateurs, les intendants, les gouverneurs et les conseillers du roi se rassemblèrent. Ils virent que le feu n’avait eu aucun pouvoir sur le corps de ces hommes, que les cheveux de leur tête n’avaient pas brûlé, que leurs habits n’étaient pas abîmés et qu’ils ne sentaient même pas le feu. Nebucadnetsar prit la parole et dit: «Béni soit le Dieu de Shadrak, de Méshak et d’Abed-Nego! Il a envoyé son ange et a délivré ses serviteurs qui ont placé leur confiance en lui. Ils n’ont pas hésité à enfreindre l’ordre du roi et à risquer leur vie plutôt que de servir et d’adorer un autre dieu que leur Dieu! Voici maintenant l’ordre que je donne: si quelqu’un, quels que soient son peuple, sa nation et sa langue, parle de façon légère du Dieu de Shadrak, de Méshak et d’Abed-Nego, il sera mis en pièces et sa maison sera transformée en un tas de décombres. En effet, il n’y a aucun autre dieu capable de délivrer comme lui.»
Après cela, le roi fit prospérer Shadrak, Méshak et Abed-Nego dans la province de Babylone.
Rêve à propos d’un grand arbre
Le roi Nebucadnetsar adressa ce message aux hommes de tout peuple, toute nation et toute langue habitant tout l’Empire: «Que la paix vous soit donnée en abondance! Il m’a semblé bon de vous faire connaître les signes et les miracles que le Dieu très-haut a accomplis vis-à-vis de moi. Que ses signes sont grands! Que ses miracles sont puissants! Son règne est un règne éternel et sa domination dure de génération en génération.
»Moi, Nebucadnetsar, je vivais tranquille chez moi, heureux dans mon palais. J’ai eu un rêve qui m’a effrayé. Les pensées qui me poursuivaient sur mon lit et les visions de mon esprit me terrifiaient. J’ai ordonné qu’on fasse venir devant moi tous les sages de Babylone afin qu’ils me fassent connaître l’explication du rêve. Alors les magiciens, les astrologues, les prêtres chaldéens et les devins sont venus. Je leur ai raconté le rêve, mais ils ont été incapables de m’en faire connaître l’explication. Le dernier à se présenter devant moi a été Daniel, appelé Beltshatsar d’après le nom de mon dieu et qui a en lui l’esprit des dieux saints. Je lui ai raconté le rêve:
»‘Beltshatsar, chef des magiciens qui as en toi, je le sais, l’esprit des dieux saints et pour qui aucun secret n’est trop difficile, donne-moi l’explication des visions que j’ai eues en rêve! Voici quelles étaient les visions de mon esprit pendant que j’étais sur mon lit. Je regardais et j’ai vu qu’il y avait au milieu de la terre un très grand arbre. Cet arbre était devenu grand et fort. Sa cime touchait le ciel et on le voyait des extrémités de la terre. Son feuillage était beau et ses fruits abondants. Il portait de la nourriture pour tous. Les bêtes sauvages s’abritaient sous son ombre, les oiseaux faisaient leur nid dans ses branches et toutes les créatures tiraient leur nourriture de lui. Dans les visions qui se présentaient à mon esprit pendant que j’étais sur mon lit, voici ce que j’ai vu: un veilleur, un saint, est descendu du ciel. Il a crié avec force en disant: Abattez l’arbre et coupez ses branches, secouez son feuillage et dispersez ses fruits! Que les bêtes s’enfuient loin de son abri et les oiseaux loin de ses branches! Mais laissez en terre le tronc avec ses racines! Attachez-le avec des chaînes en fer et en bronze au milieu de l’herbe des champs! Qu’il soit trempé par la rosée du ciel et qu’il ait, comme les bêtes, l’herbe de la terre pour nourriture! Son cœur d’homme lui sera enlevé et un cœur de bête lui sera donné. Puis sept temps passeront sur lui. Cette parole est un décret des veilleurs, cette décision est un ordre des saints afin que les êtres vivants reconnaissent que le Très-Haut domine sur toute royauté humaine, qu’il la donne à qui il le désire et qu’il peut y faire accéder le plus bas des hommes. Voilà le rêve que j’ai eu, moi, le roi Nebucadnetsar. Quant à toi, Beltshatsar, donnes-en l’explication, puisque tous les sages de mon royaume sont incapables de me la faire connaître. Toi, tu en es capable, car il y a en toi l’esprit des dieux saints.’»
Alors Daniel, appelé Beltshatsar, resta un moment stupéfait, terrifié par ses pensées. Le roi reprit: «Beltshatsar, que le rêve et l’explication ne soient pas source de terreur pour toi!» Beltshatsar répondit: «Mon seigneur, si seulement ce rêve était pour tes ennemis, et son explication pour tes adversaires!
»L’arbre que tu as vu, qui était devenu grand et fort, dont la cime touchait le ciel et qu’on voyait de toute la terre, cet arbre dont le feuillage était beau et les fruits abondants, qui portait de la nourriture pour tous, sous lequel habitaient les bêtes sauvages et dans les branches duquel les oiseaux résidaient, c’est toi, roi. Tu es devenu grand et fort. Ta grandeur a augmenté jusqu’à toucher le ciel et ta domination s’étend jusqu’aux extrémités de la terre. Le roi a vu un veilleur, un saint, descendre du ciel et dire: ‘Abattez l’arbre et détruisez-le, mais laissez en terre le tronc avec ses racines et attachez-le avec des chaînes en fer et en bronze au milieu…
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