Job 40:1–41:24
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1L’Éternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit:
2Ceins tes reins comme un vaillant homme;
Je t’interrogerai, et tu m’instruiras.
3aAnéantiras-tu jusqu’à ma justice?
Me condamneras-tu pour te donner droit?
4As-tu un bras comme celui de Dieu,
Une voix tonnante comme la sienne?
5Orne-toi de magnificence et de grandeur,
Revêts-toi de splendeur et de gloire!
6Répands les flots de ta colère,
Et d’un regard abaisse les hautains!
7D’un regard humilie les hautains,
Écrase sur place les méchants,
8Cache-les tous ensemble dans la poussière,
Enferme leur front dans les ténèbres!
9Alors je rends hommage
A la puissance de ta droite.
10Voici l’hippopotame, à qui j’ai donné la vie comme à toi!
Il mange de l’herbe comme le boeuf.
11Le voici! Sa force est dans ses reins,
Et sa vigueur dans les muscles de son ventre;
12Il plie sa queue aussi ferme qu’un cèdre;
Les nerfs de ses cuisses sont entrelacés;
13Ses os sont des tubes d’airain,
Ses membres sont comme des barres de fer.
14Il est la première des oeuvres de Dieu;
Celui qui l’a fait l’a pourvu d’un glaive.
15Il trouve sa pâture dans les montagnes,
Où se jouent toutes les bêtes des champs.
16Il se couche sous les lotus,
Au milieu des roseaux et des marécages;
17Les lotus le couvrent de leur ombre,
Les saules du torrent l’environnent.
18Que le fleuve vienne à déborder, il ne s’enfuit pas:
Que le Jourdain se précipite dans sa gueule, il reste calme.
19Est-ce à force ouverte qu’on pourra le saisir?
Est-ce au moyen de filets qu’on lui percera le nez?
20Prendras-tu le crocodile à l’hameçon?
Saisiras-tu sa langue avec une corde?
21Mettras-tu un jonc dans ses narines?
Lui perceras-tu la mâchoire avec un crochet?
22Te pressera-t-il de supplication?
Te parlera-t-il d’une voix douce?
23Fera-t-il une alliance avec toi,
Pour devenir à toujours ton esclave?
24Joueras-tu avec lui comme avec un oiseau?
L’attacheras-tu pour amuser tes jeunes filles?
25Les pêcheurs en trafiquent-ils?
Le partagent-ils entre les marchands?
26Couvriras-tu sa peau de dards,
Et sa tête de harpons?
27Dresse ta main contre lui,
Et tu ne t’aviseras plus de l’attaquer.
28Voici, on est trompé dans son attente;
A son seul aspect n’est-on pas terrassé?
41
1Nul n’est assez hardi pour l’exciter;
Qui donc me résisterait en face?
2aDe qui suis-je le débiteur? Je le paierai.
bSous le ciel tout m’appartient.
3Je veux encore parler de ses membres,
Et de sa force, et de la beauté de sa structure.
4Qui soulèvera son vêtement?
Qui pénétrera entre ses mâchoires?
5Qui ouvrira les portes de sa gueule?
Autour de ses dents habite la terreur.
6Ses magnifiques et puissants boucliers
Sont unis ensemble comme par un sceau;
7Ils se serrent l’un contre l’autre,
Et l’air ne passerait pas entre eux;
8Ce sont des frères qui s’embrassent,
Se saisissent, demeurent inséparables.
9Ses éternuements font briller la lumière;
Ses yeux sont comme les paupières de l’aurore.
10Des flammes jaillissent de sa bouche,
Des étincelles de feu s’en échappent.
11Une fumée sort de ses narines,
Comme d’un vase qui bout, d’une chaudière ardente.
12Son souffle allume les charbons,
Sa gueule lance la flamme.
13La force a son cou pour demeure,
Et l’effroi bondit au-devant de lui.
14Ses parties charnues tiennent ensemble,
Fondues sur lui, inébranlables.
15Son coeur est dur comme la pierre,
Dur comme la meule inférieure.
16Quand il se lève, les plus vaillants ont peur,
Et l’épouvante les fait fuir.
17C’est en vain qu’on l’attaque avec l’épée;
La lance, le javelot, la cuirasse, ne servent à rien.
18Il regarde le fer comme de la paille,
L’airain comme du bois pourri.
19La flèche ne le met pas en fuite,
Les pierres de la fronde sont pour lui du chaume.
20Il ne voit dans la massue qu’un brin de paille,
Il rit au sifflement des dards.
21Sous son ventre sont des pointes aiguës:
On dirait une herse qu’il étend sur le limon.
22Il fait bouillir le fond de la mer comme une chaudière,
Il l’agite comme un vase rempli de parfums.
23Il laisse après lui un sentier lumineux;
L’abîme prend la chevelure d’un vieillard.
24Sur la terre nul n’est son maître;
Il a été créé pour ne rien craindre.
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